• Résidence à la Villa Belleville, Juin-Septembre 2022, Paris (FR)
  • Lancement de l’édition Un jeu de l’oie, les lois de la société, conception éditoriale : Sarah Vadé
  • Résidence au collège René Descartes avec l’association Orange Rouge, Novembre 2021, Tremblay-en-France (FR)
Utah teapot, Olivier Jonvaux

Utah teapot — 2018, théières, tasses, soucoupes et cuillères en porcelaine, faïence et grès, émaillé et biscuité, dimensions variables. Vue d’exposition Jeune Création 69, exposition collective, Fondation Fiminco, Romainville. Copyright Melodie Girard.

Formule magique, temps magnifique, Olivier Jonvaux

Formule magique, temps magnifique — 2021, argile, pâte à modeler, plasticine, alginate, sable magique, cire et matériaux divers, 45 × 45 × 50 cm. Vue d’exposition Idéal art brut, exposition collective, LaM, Lille Métropole Musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut.

Formule magique, temps magnifique, Olivier Jonvaux

Formule magique, temps magnifique — 2021, argile, pâte à modeler, plasticine, alginate, sable magique, cire et matériaux divers, 45 × 45 × 50 cm. Vue d’exposition Idéal art brut, exposition collective, LaM, Lille Métropole Musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut. Copyright Nicolas Dewitte, LaM

Pirovano (trailer) — 2020, Film 2K, 15′30″, 2,39:1, Sound Digital 5.1. Assistants Thomas Léon, Thibaut Rostagnat Sound design Duncan Pinhas Étalonnage Baptiste Évrard Musicien André Gabriel Mixage Geoffrey Durcak Effets spéciaux Pierre-Yves Boisramé Design graphique Alaric Garnier, Léna Araguas Copyright Olivier Jonvaux / Le Fresnoy – Studio national des arts contemporains. 2020. Tous droits réservés. Contact Natalia Trebik (ntrebik@lefresnoy.net).

Mein blue — 2015, vidéo 9 min, boucle, stéréo.

Célibataire et libre comme l’air, Olivier Jonvaux

Célibataire et libre comme l’air — 2018, dessin au feutre et peinture acrylique sur bois de récupération, 25 × 25 cm.

Prisme, Olivier Jonvaux

Prisme — 2015/18, pâte à modeler et fil de fer. Vue d’exposition 2015, Basis, Francfort.

Nine ways to destroy things, Olivier Jonvaux

Nine ways to destroy things [détail] — 2017, étain, silicone, carton, laiton, pâte à modeler.

Nine ways to destroy things, Olivier Jonvaux

Nine ways to destroy things — 2017, matériaux divers, dimensions variables.

Nine ways to destroy things, Olivier Jonvaux

Nine ways to destroy things [extrait] — 2017, cuivre et aluminium, 110 × 40 × 35 cm.

Sous le soleil ardent de l’été, en plein décor bucolique, une grappe de raisin est posée sur une table en bois. Plus les minutes s’écoulent et plus la caméra s’approche de ce symbole de vie et d’ivresse. À ses côtés : du pain, une carafe et des noix. Autant d’objets qui ramènent à l’iconographie chrétienne, celle notamment de la Cène.

La fétichisation des éléments qui composent le film d’Olivier Jonvaux (né en 1986), artiste étudiant diplômé du Fresnoy en 2021, contribue à les magnifier. Scruté sous tous les angles, le fruit devient divin ; ses couleurs et ses reflets apparaissent à l’écran à la manière d’une peinture. La grappe de raisin est dans Pirovano une nature morte, objet central autour de laquelle le film se construit et qui symbolise l’extase incarnée par le dieu grec Dionysos.

Sensualité des textures, lumière nacrée, chants d’oiseaux… C’est une véritable d’exaltation des sens qui s’orchestre ici. Les plans qui s’enchaînent sur un air de flûte entêtant sont montés en une boucle répétitive. Le réalisateur joue tour à tour sur les focales et la mise au point, jusqu’à plonger le spectateur dans une sorte d’hypnose, une ivresse étourdissante. La caméra embarquée tourne autour de ses modèles, se renverse, tournoie, s’envole… Les images à l’écran se floutent jusqu’à la perte de tout repère, donnant à ces quelques grains de raisin gorgés de vie une dimension hautement onirique. Voire cosmique, lorsque la grappe se retrouve star d’un final extatique aux allures d’odyssée spatiale…

Louise Vanoni, BeauxArts, 2021

Utah teapot, Olivier Jonvaux

Utah teapot — 2018, théières, tasses, soucoupes et cuillères en porcelaine, faïence et grès, émaillé et biscuité, dimensions variables. Vue d’exposition Jeune Création 69, exposition collective, Fondation Fiminco, Romainville. Copyright Melodie Girard.

Le travail d’Olivier Jonvaux explore la vie des objets, de leur création à leur destruction, par l’emploi d’une multiplicité de médiums. L’utilisation d’argile, ciment, papier, pâte à modeler, se complète d’une dimension immatérielle par le biais de la modélisation 3D. Dans ses installations, sculptures, et vidéos d’animations, il détourne les caractéristiques des objets, pour mieux les extraire de leur attribution ou de leur origine.

La réitération de formes banales, prélevées de son quotidien, se joue du statut de l’œuvre par une indétermination recherchée. Qu’il soit réel ou virtuel, l’artiste bouscule notre relation au monde par une réflexion sur sa fétichisation, sa stabilité supposée et à ses modes de circulation.

Tatiana Marushchak, Jeune Création 69, 2019

Quelle déformation est à l’œuvre dans le travail de transposition d’une image en sa réalisation sculpturale ? Que fait-il subir à la matière, à l’objet, au projet même ? Est-ce que l’œuvre pourrait se situer dans cette différence inframince, pour reprendre un terme duchampien, entre une œuvre et sa répétition ? Tout le travail d’Olivier Jonvaux s’articule autour de ces questionnements. Un sac à dos en pâte à modeler réalisé pour une exposition se trouve être très légèrement différent du même sac à dos, fait avec la même pâte à modeler, quelques mois plus tard, pour une nouvelle exposition (Prisme, 2015). En effet, les pigments de la pâte se sont entre-temps mêlés et la matière picturale est devenue le témoin des différentes occurrences de la sculpture.

Reprenant des formes quotidiennes et familières (sac à dos, cafetière, chat, cabine de douche…), l’artiste les fait circuler sous différentes matérialités. De la pâte à modeler donc, à l’image 3D, en passant par l’installation et la signification de l’absence, les mêmes formes naviguent d’un médium à l’autre. Mein Blue (2015) est une vidéo d’images 3D totalement bleue (la couleur par défaut dans les logiciels) où l’on observe une série d’objets – présents dans l’atelier de l’artiste – placés sur un train en circulation. Or l’artiste a recréé tous les éléments de la vidéo en sculptures de papier (Pepakura Pantin, 2015). Présentées ensemble, ces deux œuvres obligent le spectateur à naviguer d’une forme à l’autre, ne sachant plus ce qui fut le modèle – la fiction ou l’objet réel ? 9 manières de détruire les choses (en cours) ne déroge pas à la règle. À partir d’une vidéo de tutorat trouvée sur Internet expliquant 9 façons d’anéantir des objets dans un univers virtuel (3D), Jonvaux crée une série de sculptures portant sur ces fameuses manières de détruire la matière. Aussi ramène-t-il le virtuel (censé imiter le réel à la perfection) au réel – à la sculpture – mais pour mieux l’anéantir. Les matériaux comme le public se trouvent pris en étau dans une inquiétante répétition.

Sophie Lapalu, Aide individuelle à la création, DRAC Île-de-France, 2016

Be Maybe May (trailer) — 2021, Film 2K, 11′30″, Sound Digital 5.1. Assistant Thomas Léon Chef opérateur Guillaume Brault Sound design Martin Delzescaux Étalonnage Baptiste Évrard Musicien Thomas Bloch Mixage Geoffrey Durcak Dresseuse Valérie Chavanon Design graphique Sarah Vadé Copyright Olivier Jonvaux / Le Fresnoy – Studio national des arts contemporains. 2020. Tous droits réservés. Contact Natalia Trebik (ntrebik@lefresnoy.net).

Big B B Crunch — 2018, vidéo 1 seconde, boucle, stéréo.